Mort suspecte d’un légionnaire du 2ème REP à DJIBOUTI.
Depuis quelques mois les rumeurs couraient qu'il s'est passé quelque chose étrange durant un séjour à Djibouti d'une compagnie appartenant au 2° REP de Calvi. Maintenant les faits semblent de surgir et montrent les circonstances graves de cette mort.
À la Légion, c'est "marche ou crève !" à Djibouti. À 14 heures, aujourd'hui, trois légionnaires du 2e REP (2e régiment étranger de parachutistes) - dont un sergent et deux hommes du rang - se sont entendu notifier leur radiation de la Légion étrangère, ce qui signifie qu'ils sont renvoyés de l'armée française. Ils devront avoir quitté leur unité avant minuit. Un officier, lieutenant saint-cyrien chef de section, pourrait être prochainement radié des cadres sur décision du ministre de la Défense Hervé Morin, estime-t-on de bonne source au ministère de la Défense. Ces mesures disciplinaires sont rarissimes, mais non exclusives de sanctions judiciaires consécutives à une procédure en cours devant la chambre militaire du tribunal correctionnel de Paris. Elles font suite au décès d'un légionnaire parachutiste du 2e REP, Jozef Tvarusko, de nationalité slovaque. Son décès est survenu le 5 mai dernier dans des conditions de violence inacceptable lors d'une marche organisée à Djibouti à l'occasion de l'exercice Boûr Ougoul 2008. Les circonstances de la mort de Jozef Tvarusko, révélées le 6 novembre sur son site Internet par l' association Adefdromil animée par le capitaine en retraite Michel Bavoil, sont sordides et relèvent de méthodes d'entraînement si violentes qu'on en vient à se demander si l'idéologie du "marche ou crève" n'aurait pas droit de cité à la Légion.
Selon différents rapports que Le Point a pu consulter, la victime avait dû marcher dans la chaleur suffocante de Djibouti. À l'heure la plus terrible (14 h 30) où tout le monde fait la sieste, les légionnaires galopent sous le cagnard, et Jozef Tvarusko se plaint d'abord de douleurs au genou. Il reçoit alors des coups de pied aux fesses de la part de son caporal, mais s'arrête à nouveau 200 mètres plus loin et se couche en position foetale. Nouveaux coups de pied pour le relever... Lorsqu'un camion de sa section rejoint le groupe, Jozef Tvarusko se dirige vers lui, et l'un de ses camarades lui remet une bouteille d'eau à laquelle il s'abreuve. Nouveaux coups de pied, coups de crosse de Famas, sa gourde est vidée, et le malheureux est prié de rejoindre sa section, encore à coups de crosse ! Il finit par s'effondrer dans un buisson d'épineux, face contre terre. Mort... sans doute victime de ces "coups de chaleur". Alors seulement, ses bourreaux accepteront de prodiguer quelques soins. Trop tard...
"Ces gars doivent partir"
L'Adefdromil, à laquelle l'un des soldats s'est adressé pour être défendu, parle d'"une mort inutile et surtout inacceptable, car l'intéressé avait donné des signes clairs d'épuisement depuis plusieurs heures". L'association souligne à juste titre que la Légion sait parfaitement gérer ces contrées au climat épouvantable, où les marches tactiques se réalisent systématiquement de nuit. Et d'évoquer : "Tous les démons de la Légion : le mythe du surhomme. Les coups de chaleur, ce n'est pas pour nous et encore moins lorsqu'on est para. Et puis le légionnaire qui rechigne à avancer est forcément un tire-au-flanc qui doit être maté."
L'Adefdromil conteste les conditions dans lesquelles le conseil d'enquête - qui a débouché sur les sanctions disciplinaires - s'est réuni, où la Légion étrangère a "fait supprimer voici quelques années le droit d'être assisté par un avocat". Chef du Sirpa-Terre et à ce titre porte-parole de l'état-major de l'armée de terre, le colonel Benoît Royal contestait vigoureusement ce matin ce point de vue, affirmant que "les soldats avaient eu le droit de se faire assister par un avocat, mais n'y ont pas eu recours".
Accusée par l'Adfdromil d'avoir négligé de rendre des honneurs funèbres au défunt, l'armée de terre précise que son corps a fait l'objet d'une autopsie et qu'une première cérémonie militaire a eu lieu à Djibouti, avant son retour en France. Cette cérémonie a été suivie d'une seconde au Groupement de recrutement de la Légion étrangère (GRLE) au fort de Nogent, à Fontenay sous bois, en présence de la mère et de la soeur du défunt, et du général commandant la Légion étrangère. Enfin, lors des obsèques en Slovaquie, l'attaché de défense français invité par la famille était présent.
À l'armée de terre, on se refuse visiblement à défendre les légionnaires impliqués dans cette mort : "Ces gars doivent partir. Ils n'ont rien à faire chez nous."
Source: www.lepoint.fr
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Etonnant communiqué de l'armée dans un drame qui la touche. Où est la présomption d'innocence. Les faits ne sont pas prouvés à ce jour et une procédure est en cours. il convient donc de laisser la justice faire son travail.
RépondreSupprimerQuand à la responsabilité, je ne pense pas que les soldats en question ont décidé de l'heure et du lieu de l'exercice.
Merci Severin,
RépondreSupprimerà croire que la présomption d'innocence n'est pas bonne pour les militaires surtout quand la hiérarchie a décidé qu'ils sont coupables! Lieutenant, saint-cyrien, il a prend de rude manière qu'en cas de problème c'est le dernier qui ouvre le parapluie qui est le plus mouillé.
Quand on pense que sa hiérarchie insite pour qu'il soit inculpé...lamentable.
Bonjour,
RépondreSupprimerassez d'accord avec vous. Esperons que la justice saura faire son oeuvre sans subir les pressions de la haute hiérarchie de l'armée. Ces messieurs pensent qu'une fois le Lieutenant au trou ils pourront continuer au cours de leur cocktails parisiens de gloser sur la façon d'entraîner les Légionnaires dans le désert. Courage au Lieutenant- bouc émissaire
Je suis choquée que l'on puisse décider ainsi de la culpabilité de personnes sans jugement. Je dois dire que j'ai subie ce genre d'"injustice" dans une toute autre affaire et qu'au final mon innocence totale a été reconnue, donc..laissons la justice faire son travail et rester sourde à la montée de l'émotionnel dans cette terrible épreuve.Une pensée émue pour le défunt.
RépondreSupprimerLe problème dans cette affaire est un peu différent. Il est de nature du comportement dans un premier temps des légionnaires impliqués puis de la chaine de commandement.
RépondreSupprimerOr, il s'avère que cette affaire devait être étouffée par l'autorité militaire. Des accidents de ce genre peuvent arriver et les responsables ont le droit au jugement équitable, mais en aucun cas le commandement a le droit de camoufler ce genre de chose.
Dans cette histoire le plus important maintenant est d'établir les responsabilités et aussi le rôle de certains pendant et après l'événement.
Etre militaire, c'est être aussi un sujet de droit comme tous citoyens : la Légion Etrangère n'échappe pas à cela. Que la justice se fasse, que tous les responsables soient inquiètés et sanctionnés. Respect à cette personne décèdée pas la stupidité et la bêtises de quelques uns.
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