dimanche 1 mars 2009

Réponse du Général de la Légion étrangère sur l'affaire des photos

Castelnaudary. Photos chocs : le Général de la Légion Étrangère s'exprime
Le général commandant la Légion Etrangère s'exprime en exclusivité sur l'affaire des photos choc prise à l'instruction. Il s'attend à des sanctions «très sévères» dans ce dossier et prône une vigilance accrue.


La Dépêche du Midi: quel a été votre sentiment à la vue de ces images?

Général Pichot de Champfleury.

- Ces photos sont extrêmement dures. Elles m'ont frappé, même s'il faut les replacer dans leur contexte, celui d'une instruction sur la conduite à tenir lorsqu'on est prisonnier. Mais les tenues sont humiliantes, j'en conviens.

DDM. Que s'est-il réellement passé cette nuit-là?

- Les recrues ont été réveillées vers 22h30, conduites à 800 mètres de la ferme. On leur a fait mettre le t-shirt sur la tête pour leur masquer les yeux. Ils ont rampé, traversé une mare et ont été regroupés dans le hangar de la ferme. On les a interrogés comme des prisonniers, sans violence. Ils ne devaient donner que leurs noms, leurs grades et leurs matricules. Les photos ont été prises pour servir à un débriefing.

DDM: Vous y voyez une volonté d'humilier les recrues?

I s'agissait de soumettre les recrues à un stress proche de celui qu'ils auraient pu connaître en étant prisonniers. Le comble, dans cette affaire, c'est qu'il s'agit d'une initiative plus maladaroite que malveillante. On a mis la charrue avant les bœufs. On aurait pu concevoir un tel exercice avec des cadres chevronnés. Mais là, avec de tout jeunes engagés, c'était complètement déplacé.

DDM: Quelles seront les sanctions?

Nous avons dégagé les responsabilités au terme d'une enquête menée toute affaire cessantes sur des faits qui remontent à trois ans et demi, sachant que les personnels avaient été disséminés dans tous les régiments de légion. Nous avons notamment interrogé l'encadrement et les recrues qui ont suivi cet entrainement. Elles n'ont pas eu le sentiment d'avoir été humiliées. Désormais, le dossier est entre les mains de l'état-major de l'Armée de Terre. Je m'attends à des sanctions particulièrement sévères.

DDM. Les recrues, en ferme d'instruction, sont isolées avec leur encadrement. Commet éviter les dérapages?

-Il faut poursuivre et amplifier l'action pédagogique que nous menons avec les jeunes cadres. Et expliquer encore davantage à l'encadrement ce qu'est le commandement aujourd'hui. Qu'ils ne se nourissent plus de la littérature du passé. Nous sommes en 2009.

DDM. Plus de contrôles aussi?

- Il faut faire confiance à l'encadrement, mais amplifier un certain sentiment d'«insécurité». Il doit savoir que les chefs peuvent débouler à tout moment. Leur dire: on vit dans un monde où il n'y a plus de secret. Et quand le commandement a connaissance de ce genre de faits, les sanctions tombent. C'est un cas que je vais décortiquer. Il est exemplaire, à l'envers bien sûr.

DDM. La Légion est-elle une zone de non-droit?

- C'est ce que certains veulent laisser entendre et qui recueillent des témoignages de gens qui sont mécontents de l'Institution. Il faut se poser la question de ces témoignages isolés par rapport à un ensemble beaucoup plus vaste, qui compte aujourd'hui 7600 personnels. Sans parler des anciens.

DDM. Vous y voyez une forme de malveillance?

- On s'yntéresse beaucoup à la Légion. Sans doute parce qu'elle est médiatique. C'est une citadelle. Le mystère fait vendre.


Le rappel des faits

Les photos sur la toile. En début de semaine, un site d'information web publie une série de photos prises lors d'une séance nocturne d'instruction de jeunes recrues de la Légion. Ces engagés volontaires sont en slip, rampant dans la boue, à genou ou debout face à un mur. Les photos montrent un membre de l'encadrement, une bière à la main, qui les passe en revue. Les images sont choc, particulièrement humiliantes.

D'où viennent ces photos? Elles ont été remises à l'association pour la défense des droits des militaires, à Paris, par un informateur anonyme.

Une enquête très rapide. L'état-major de la Légion mène une enquête express. La scène est rapidement datée: elle remonte à la nuit du 24 au 25 août 2005, à la ferme d'instruction de Raissac, près de Lafage, qui accueille les jeunes recrues de la 3e compagnie pour leurs premières semaines de formation. Le lieutenant qui commandait la section et son adjoint sont identifiés et interrogés par le général Pichot de Champfleury, commandant de la Légion Etrangère, à Aubagne. Ils expliquent avoir voulu illustrer, par l'exemple, une formation sur les droits et les devoirs des militaires, ce que ne prévoit aucun manuel d'instruction. L'état-major parle d'un «excès de zèle», sans caractère sadique ou humiliant.

Le dossier à Paris. Ce vendredi, le dossier a été transmis à l'état-major de l'Armée de Terre, à Paris. Des sanctions «très sévères» sont attendues, sans doute dès la semaine prochaine.

source:www.ladepeche.fr

1 commentaire:

  1. je pense que la legion a raison de garder son system d'instruction d'interieur d'ou là je vous rappel que cela fait ça force.mettre des jeunes recrues a forte experiences peut les changer sinon ce n'est pas la peine de s'engager.il faut faire un choix dans sa vie
    sur 4mois les jeunes recrues en bavent 1 seul mois quand ils sont a la ferme c'est tout.apres les 4 mois d'instruction les recrues ont le choix de partir. sinon ils integrent leur regiment d'ou là aussi c'est une autre vie. en faites l'instruction ne fait que degrossir ce que l'on a en nous apres le reste suit son court

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